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L’Afrique, continent riche en ressources naturelles et à la population croissante, est confrontée à des défis persistants pour parvenir à une croissance économique inclusive et durable. Si ses économies se redressent progressivement, l’Afrique subsaharienne affichant une croissance annuelle projetée de 3,8 % en 2025 et de 4,4 % en 2026-2027, des obstacles structurels tels que des infrastructures limitées, la dépendance à des secteurs à faible productivité et l’insécurité alimentaire freinent les progrès. Dans ce contexte, les systèmes d’aquaculture en recirculation (SAR) apparaissent comme une solution transformatrice, offrant une voie durable pour dynamiser les économies locales, renforcer la sécurité alimentaire et créer des emplois de qualité sur l’ensemble du continent.
L’aquaculture en recirculation (RAS), une technologie moderne qui recycle l’eau et minimise l’impact environnemental, répond à deux défis majeurs pour l’Afrique : la nécessité d’une production alimentaire durable et la diversification économique. L’aquaculture traditionnelle en Afrique, qui repose principalement sur des étangs ouverts, est souvent limitée par la rareté de l’eau, le manque de terres et une faible productivité, tandis que la surpêche et la pollution menacent des ressources en eau naturelles comme le lac Victoria, source vitale de nourriture et de revenus pour des millions de personnes. La RAS atténue ces problèmes en réduisant la consommation d’eau jusqu’à 95 % par rapport à l’élevage piscicole conventionnel, permettant ainsi la culture dans les zones arides et urbaines où l’eau et les terres sont rares. Cette adaptabilité rend la RAS particulièrement adaptée à la diversité des paysages africains, des régions arides d’Afrique du Nord aux centres urbains d’Afrique de l’Est.
Sur le plan économique, les systèmes d'aquaculture en recirculation (RAS) stimulent la croissance par de multiples canaux, à commencer par la création d'emplois – une priorité cruciale pour l'Afrique, où la plupart des nouveaux arrivants sur le marché du travail se retrouvent dans des secteurs informels à faible productivité. Contrairement à l'aquaculture traditionnelle, qui requiert peu de main-d'œuvre qualifiée, l'exploitation des RAS exige du personnel formé pour la maintenance des systèmes, le contrôle de la qualité de l'eau et la gestion de la santé des poissons. Cela crée des emplois qualifiés et semi-qualifiés, allant des techniciens et gestionnaires d'exploitation aux vendeurs et distributeurs. Par exemple, au Kenya, une écloserie pilote de RAS à Kisumu produit non seulement des alevins de tilapia du Nil de haute qualité, mais sert également de centre de formation, permettant aux agriculteurs locaux d'acquérir les compétences nécessaires pour adopter cette technologie et assurer leur propre subsistance. De même, un jeune entrepreneur de l'est du Kenya a développé son exploitation RAS pour produire 6 tonnes de tilapia et 2,5 tonnes de poisson-chat par an, transformant un passe-temps en une entreprise florissante qui contribue à la sécurité alimentaire et à l'emploi locaux.
De plus, les systèmes d'aquaculture en recirculation (RAS) renforcent la résilience économique en réduisant la dépendance de l'Afrique aux importations de poisson et à la volatilité des marchés des matières premières. Actuellement, de nombreux pays africains dépendent fortement des importations de poisson pour satisfaire la demande intérieure, ce qui épuise leurs réserves de change. Les RAS permettent la production locale d'espèces de poissons à forte valeur ajoutée, comme le poisson-chat africain et le tilapia, très demandés tant au niveau local que régional. Cela permet non seulement de réduire la facture des importations, mais aussi de créer des opportunités pour le commerce intra-africain, conformément à l'objectif de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) de constituer un marché régional de 3 400 milliards de dollars. Pour les petits exploitants agricoles, les RAS offrent une source de revenus plus stable que l'agriculture traditionnelle : des projets pilotes menés dans le comté de Nyeri, au Kenya, montrent que les RAS permettent d'atteindre une productivité quatre fois supérieure à celle des étangs traditionnels, avec une croissance plus rapide des poissons et des taux de survie plus élevés, ce qui se traduit par des profits plus importants pour les agriculteurs.
Bien que le potentiel des systèmes d'aquaculture en recirculation (SAR) soit considérable, leur adoption à grande échelle en Afrique se heurte à des obstacles, notamment des coûts d'investissement initiaux élevés, une complexité technique et un accès limité aux politiques et infrastructures de soutien. Au Nigéria, par exemple, le coût d'un SAR solaire à petite échelle oscille entre 1 724 et 3 500 dollars, un montant comparable au revenu annuel moyen par habitant, le rendant inaccessible à de nombreux agriculteurs à faibles revenus. De plus, les fréquentes coupures de courant – identifiées comme le principal frein aux activités agricoles en Afrique – constituent un défi pour les SAR, qui nécessitent un approvisionnement électrique stable. Cependant, des solutions innovantes émergent pour surmonter ces obstacles : l'intégration des SAR aux énergies renouvelables, comme le système photovoltaïque de 14,3 kWc utilisé dans l'écloserie de Kisumu, réduit la dépendance à l'égard du réseau électrique instable et diminue les coûts d'exploitation. Parallèlement, des partenariats entre gouvernements, organisations internationales et acteurs du secteur privé fournissent des subventions, des formations et un soutien technique afin de rendre les SAR plus accessibles aux petits exploitants agricoles.
À l'avenir, les systèmes d'aquaculture en recirculation (SAR) ont le potentiel de jouer un rôle déterminant dans la transformation économique de l'Afrique. En s'alignant sur les objectifs du continent en matière de développement durable, de sécurité alimentaire et de diversification économique, les SAR peuvent contribuer à libérer le potentiel agricole de l'Afrique tout en favorisant une croissance inclusive. Les gouvernements et les parties prenantes doivent prioriser les politiques qui soutiennent l'adoption des SAR, notamment par des incitations fiscales pour les investisseurs, des programmes de formation technique et le développement de technologies SAR adaptées au contexte régional. Grâce à des investissements ciblés et à des efforts de collaboration, les SAR peuvent transformer le secteur aquacole africain, sortir les communautés de la pauvreté et bâtir un avenir plus résilient et prospère pour le continent. Comme l'ont démontré des projets pilotes réussis au Kenya, au Nigéria et en Afrique du Sud, les SAR ne sont pas qu'une simple technologie : c'est un catalyseur de développement économique durable qui autonomise les communautés locales et favorise un progrès à long terme.